mer

22

jui

2009

Devastra, Indian tonique dans ta face d'éléphant

C'est mon dernier achat en vrai jeu de rôles, petite critique à chaud.

 

Ce bouquin à la très jolie couverture souple emmènera votre héro, un Avatar qui porte en lui un fragment de divin, aux confins de l'Inde mythique et fantasmée pour aller affronter d'anciennes menaces que l'on croyait enfermées à double tour depuis longtemps.

 

Alors bon, l'Inde j'aime bien, mais de loin. De là à m'imaginer lire un jeu de rôle sur ce thème, franchement, il y a trois mois ça m'en bougeait une sans réveiller l'autre. Mais voilà, des rumeurs, des fakes et surtout une réputation épicée de bloodlust-like Ball sauce grosbill-curry et une couverture représentant des armes aussi belles sur un fond de ténèbres et voilà ti pas que mon sang de geek n'a fait qu'un tour. Il fallait que j'y goûte, et j'ai bien fait !


Au départ, des Dieux, les Devas qui ont créé le monde, se frittent copieux avec ceux qui aimeraient bien leur piquer la place, les Ashuras. Ca dure, un peu, un peu trop, et comme ça dure vraiment trop et qu'ils commencent à en prendre plein la tête, les Devas se sacrifient pour enfermer les Ashuras dans un enfer local, le Narak.

 

Beaucoup... beaucoup plus tard, de jeunes adolescents seront amenés à découvrir qu'ils sont des Avatars des anciens dieux et que l'autre partie de leur étincelle divine se trouve dans des objets, ou des armes, à la puissance légendaire. Tout ça pour aller de nouveau se battre contre les Ashuras, qui commencent à s'échapper de plus en plus nombreux de leur ancienne prison avec une sale envie de vengeance ou de chair fraîche, c'est selon.


Le décor étant planté, passons maintenant l'ouvrage même à la moulinette.C'est correctement écrit, même si j'aurais aimé un peu plus de "style" et de panache (reste que c'est plus facile quand on n'écrit pas). Au fil de la lecture, si j'ai parfois trouvé l'agencement un peu confus, je ne m'y suis jamais égaré, et de nombreuses illustrations de bonne facture agrémentent l'ensemble.


Le système à base de D6 contient quelques maladresses mineures (il y a tout de même une carac dont l'abréviation est "VC", bravo les gars !), il tient la route sans réinventer la roue. Inutile de chercher des trucs compliqués, il est fait pour ce qu'il est sensé faire, rien de plus, rien de moins. Ce qui est déjà une très bonne chose.

La création des persos est assez simple et l'exemple de l'avatar avec sa Devastra du Roi-Singe (le bâton magique) nous place vraiment dans l'ambiance manga. Les persos sont puissants, mais toujours dans l'esprit shônen, et tout le monde n'est pas obligé de porter des sandales dorées pour aller manger du curry après s'être parfumé au patchouli. Ce qui n'est pas désagréable de variété.


La partie background est importante, parfois un peu chiante (mais c'est l'Inde, perso, à part la bouffe...), mais jamais too much. On peut la survoler tel un aigle et l'ambiance qui s'en dégage et très fraiche. Et c'est très riche, si bien qu'à la lecture on peut trouver des idées de scénario un peu partout.


Le scénario d'intro est très sympa et pose bien le décor et les personnages, il remplit ainsi presque parfaitement son objectif. Mais, c'est dommage de ne pas être allé encore un peu plus loin, pour que des débutants puissent prendre ce jeu en main plus facilement.


En revanche, j'ai un gros regret sur l'aspect graphique de l'ouvrage qui, s'il reste très correct, est d'un conventionnel désolant. Je ne comprends pas qu'avec un tel produit (de gamme à priori fermée ou très réduite) la présentation intérieure soit si classique. L'inde fourmille de fresques dont je suis sur que l'illustrateur aurait put rendre parfaitement l'ambiance (à nous les bas-reliefs !). D'autre part, c'est quoi cette typo destructurée à l'ouest du thème alors qu'une typo "indienne" existe ? Alors je sais combien le métier de maquettiste de jeu de rôles est difficile mais là, c'est vraiment dommage. D'autant que la couverture est, elle, pleine de promesses...


Et alors ?

Devâstra est un bon jeu si vous aimez les mangas shônen et l'Inde sans vous prendre la tête. Son système sert correctement un background riche et intéressant. Et à moins de 30 €, il serait donc dommage de se priver d'un pari plutôt réussi à quelques pétouilles près.

 

Devâstra, ed. 7C — 28 €

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